Le sabre d’El Hadj Omar n’est pas restitué mais prêté au Sénégal

La France avait annoncé qu’elle comptait restituer des sculptures appartenant à l’Afrique. Et dans le rapport de Felwine Sarr et de Bénédicte Savoy, il était dit que le sabre d’El Hadj Omar faisait partie des objets qu’il fallait restituer tout de suite. L’œuvre, selon la base des collections du Musée de l’Armée auquel elle appartient, « comporte une lame française, de sabre d’officier d’infanterie modèle 1821, dite « à la Montmorency ». Sur le dos, sont gravées les inscriptions « Manufacture de Klingenthal » ainsi que « Coulaux et Cie ». La poignée est en cuivre ciselé, munie d’une croisière simple et massive. Le pommeau est en forme de bec d’oiseau, terminé par un petit anneau. La fusée est garnie d’un filigrane en fil de fer. Le fourreau est en cuir et comporte des garnitures en laiton ». Il faut rappeler que le sabre avait été prêté, à la demande de l’Élysée, par le musée de l’Armée au Musée des Civilisations Noires à l’occasion de son inauguration, et y était déposé exceptionnellement pour un an, le prêt devant se terminer début décembre.

Prêt et non restitution

Cette supposée restitution renferme beaucoup de zones d’ombre. Il s’agit, selon Rfi Afrique, pour l’instant d’un prêt de cinq ans consenti au Sénégal. Le site de la radio française explique que « pour rendre définitivement le sabre, le dernier mot revient aux députés français qui devront voter une loi ». Ce que « La Tribune de l’art », un magazine de presse en ligne français, ayant pour objet l’actualité de l’histoire de l’art et du patrimoine occidental confirme. Il estime que le premier ministre français Édouard Philippe viole la loi sur l’inaliénabilité des œuvres des musées. Il a donc choisi de se mettre clairement hors la loi. Le site estime que : « le ministère des Armées a rappelé au Premier ministre que la loi n’avait pas changé, et que cette restitution était parfaitement illégale. Le ministère de la Culture a également fait valoir la même position. Édouard Philippe a donc décidé de demander que le sabre soit déposé pour cinq ans ». Une information que les autorités sénégalaises n’ont pas mentionné puisque nombreux estiment que ce sabre revient définitivement au Sénégal. Alors que le deal entre le Sénégal et la France est tout autre. « La tribune de l’art » est convaincue que même l’artifice du dépôt de cinq ans renouvelable n’est pas recevable dans ce cas puisque le sabre doit revenir en France dès le 6 décembre. Reste à savoir alors la position que va adopter le gouvernement français qui garde encore beaucoup d’œuvres parfois volées à l’Afrique.

 

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Al Capone

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