Beaucoup de bacheliers ne seront pas orientés cette année.

Le Ministre de l’enseignement supérieur , Cheikh Oumar Hanne, a annoncé la décision du Gouvernement du Sénégal d’orienter l’ensemble des nouveaux bacheliers pour l’année universitaire 2019/2020 dans les établissements publics d’enseignement supérieur. Cela ne semble pas être une solution mais plutôt un déplacement de problèmes. Car le Syndicat autonome des enseignants du superir (Saes) pose ses conditions pour pouvoir accueillir plus de 50.000 bacheliers au titre de l’année académique 2019-2020. Le syndicat du supérieur exige le respect d’un certain nombre de préalables que sont entre autres: « l’achèvement et la livraison avant la prochaine rentrée universitaire de toutes les infrastructures équipées dans tous les campus, l’ouverture immédiate de 400 postes d’enseignants-chercheurs et le recrutement conséquent d’enseignants chercheurs pour arriver au moins à 70% de permanents à l’horizon 2021-2022, le paiement des sommes dues aux vacataires qui accompagnent les universités dans leur fonctionnement ». A quelques jours de la rentrée, le gouvernement est mis donc devant ses responsabilités pour satisfaire les demandes des enseignants. Problème, le délai semble être court pour régler toutes ces doléances. Dès lors, le spectre d’une perturbation se profile à l’horizon. Les universités publiques qui souffrent d’effectifs pléthoriques, de manque criant d’infrastructures et d’enseignants et de moyens financiers demandent : « l’augmentation conséquente dès 2020 de la dotation de l’Etat aux universités publiques pour atteindre l’objectif « budgets de vérité » et couvrir ainsi les dépenses pédagogiques, de recherche et de personnel et la programmation pour un démarrage progressif des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) ». C’est parti pour un nouveau bras de fer puisque le Saes exige le respect de la loi 2015-26 du 28 décembre 2015 qui postule en son article 3 que « le Ministère de tutelle et les instances pédagogiques déterminent, d’un commun accord, les capacités d’accueil des universités publiques ». Les nouveaux bacheliers sont avertis. Beaucoup d’entre eux ne seront pas orientés. Ce n’est pas seulement le seul front auquel le gouvernement fera face. Les établissements privés trouvent cette mesure salutaire. Souleymane Kane, membre de la Fédération des établissements privés d’enseignement supérieur (Fepes) estime que « qu’au moins cela nous aidera à pouvoir rééquilibrer nos comptes qui étaient déficitaires avec toutes les charges imposées par l’orientation des bacheliers du public dans le privé, sans aucune contrepartie financière de la part de l’Etat qui pour l’occasion est considéré comme le tuteur de ces étudiants ». Mais l’argent étant le nerf de la guerre, les engagements financiers de l’Etat restent l’autre problème. Avant l’audit prévu, aucune partie ne parle le même langage ni la même somme. Abass Fall de la Fepes est catégorique : « le gouvernement nous doit au moment où je vous parle, d’après nos calculs la somme de 18 milliards de Fcfa. Le ministre parle de 4 milliards. Ce n’est pas vrai. Les 4 milliards constituent un reliquat qu’il nous doit sur une dette antérieure. Pour 2018-2019, il nous doit au minimum 15 milliards ».
L’orientation des bacheliers demeure la patate chaude de l’enseignement supérieur. Depuis des années, les ministres se succèdent et le problème tarde à être résolu.

 

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Al Capone

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