A la découverte du village de Ségou

Ségou, du nom de ce village du Sénégal, situé entre la frontière du Sénégal et celle de la Guinée Conakry, manque de tout. En tout cas, sa population crie son désarroi face à son dénuement et l’indifférence des autorités.

Le visage du village de Ségou n’est pas du tout resplendissant comme d’ailleurs dans beaucoup de lointains hameaux du pays. De rudimentaires habitations comme si la modernité semblait le fuir. Ce hameau majoritairement habité par des peuls et une petite minorité de Malinké a été fondé vers 1930. Situé à 35 kilomètres de la ville de Kédougou, le village est difficile d’accès à cause d’une route en latérite qui est devenue presque impraticable, rendant la mobilité même d’un 4×4 difficile. Et plutôt qu’une route, il conviendrait de parler d’une piste envahie par les eaux en cette période pluvieuse.

Village de Ségou

Sur la route, on peut apercevoir hommes et femmes s’activant dans les travaux champêtres. Plus loin, des femmes qui lavent des habits dans la rivière, pendant que les enfants se baignent avec l’insouciance de leur âge. Le paysage avec la verdure reste pour autant saisissant avec les collines qui se dressent majestueusement. Ségou, nous l’avons déjà dit, ce sont ses habitations rudimentaires. Quelques vestiges de l’époque coloniale avec des bâtiments qui menacent ruine à l’instar de ceux du poste de police et de l’école.

Samba Diamanka, journaliste à Sen Enquete à l’entrée du village du Ségou

Carrefour entre deux pays, le climat n’est pas pour rendre les gens de bonne humeur en cette journée lors de notre passage. Pour fuir le soleil accablant, certains hommes se réfugient à l’ombre des baobabs. « Vous voyez, de l’autre côté, c’est la Guinée « , nous montre un vieil homme à califourchon sur un vélo. A perte de vue se dressent les montages couverts d’herbes, rendant le décor onirique. C’est dans cette direction que nous montrait avec insistance le vieil homme que se trouve pourtant la Guinée Conakry. Des peuples séparés par la colonisation. Kadidiatou Diallo, la soixantaine révolue, tient difficilement sur ses jambes. Habillées d’un vieux wax qui a perdu de sa couleur, cette vieille dame exprime sa désolation. « Nous manquons de tout dans notre village. Notre souhait, c’est d’avoir des soutiens pour nous sortir de cette situation peu enviable. Qu’on nous installe l’électricité afin qu’on puisse conserver nos produits. Nous voulons également des machines pour qu’on puisse transformer nos produits locaux « , liste-t-elle pour leurs doléances. Les braves femmes de ce village s’activent dans la culture du fonio, de l’arachide, du riz, du maïs et d’autres produits.  » Nous avons la brousse et la pluie.

La nature nous est certes favorable, mais nos récoltes n’ont pas trop d’impacts sur nos revenus « , raconte la dame, nous montrant ses mains presque gâtées à cause des durs travaux. Ramatoulaye Camara, une autre villageoise de Ségou, la vingtaine, acquiesce lorsque la vieille expliquait leurs conditions difficiles de travail.  » La maman a raison. On se bat pour s’en sortir, mais c’est très difficile. Nous sommes éloignés de Kédougou à cause de la route qui est cahoteuse. Seule une route pourrait changer le visage de notre village et nous sortir du désenclavement. », insiste-t-elle.Le maire de Dindéferlo, Kikala Camara ; informe que le chef de l’Etat en avait fait une promesse et son ministre des Infrastructures en avait parlé lors de sa dernière visite. Pour lui, ce tronçon de la souffrance entre sa commune Dindéferlo et le village de Ségou sera bientôt un vieux souvenir.

 

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Boy Casa

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