Drame de Reubeus: l’un des détenus mort a été cueilli lors d’une opération de « ramasse »

Le système carcéral sénégalais est défaillant. Avec une population carcérale évaluée à plus de 11 500 détenus, pas besoin d’une étude scientifique pour le prouver. Les exemples font légions. Les deux derniers cas de jeunes morts électrocutés dans la prison de Reubeuss ne font que confirmer ce constat qui fait état de conditions de longues détentions précaires.

Le mandat de dépôt systématique
En cause, un régime de mandat de dépôt systématique. La preuve, le jeune Moussa Ndiaye qui vient de subir une mort atroce a été placé sous mandat de dépôt après une simple opération de « ramasse ». Cela paraît très bizarre d’autant que l’enfant est mineur. Son papa affirme qu’il est né en 2002. Pour le juriste Abdoulaye Santos Ndao qui suggère qu’on revoie le code de procédure pénal afin de l’adopter à la société actuelle, le vote d’une loi pour permettre aux accusés de pouvoir attaquer le mandat de dépôt doit être immédiatement une priorité. L’avocat Me Pape Kante qui abonde dans le sens propose « une mise en examen des magistrats qui ont envoyé en détention les deux personnes mortes à la prison de Rebeuss. Pour lui, il n’ y pas de débat.

L’Etat doit, sans attendre, prendre ses responsabilités.


Il n’y a aucune immunité pour des faits liés à leur fonction lorsqu’un procureur ou juge d’instruction, au mépris de la liberté individuelle et de la dignité humaine décide d’envoyer en prison des hommes dans de telles conditions. « C’est un homicide, un fait suffisamment grave pour provoquer une enquête sérieuse au niveau judiciaire et administratif. », s’insurge-t-il.
Des alternatives possibles à la prison
L’emprisonnement doit être considéré comme une sanction ou mesure de dernier recours, estiment nos deux interlocuteurs. Il existe de nombreuses mesures pour éviter l’incarcération, et ce à tous les stades de la procédure pénale. Dans une interview sur Senenquete.sn, Ibrahima Sall Président de l’Asred préconisaient « les travaux d’intérêt général, les peines alternatives, les libérations conditionnelles, les libérations sous caution » comme moyen alternatif à la détention provisoire. En France par exemple, pour éviter ce surpeuplement, des mesures sont prévues comme contrôle judiciaire et assignation à résidence sous surveillance électronique.

 

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Al Capone

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