Abdou Latif Coulibaly primé pour son combat contre la corruption

S’il avait gardé la même veste, Abdou Latif Coulibaly aurait certainement révélé, avant la BBC, le retentissant scandale à 10 milliards qui salit la gestion du pétrole et du gaz sénégalais. Un scandale dans lequel rappelons-le, le frère du président de la République, Aliou Sall, aurait touché 250 000 dollars du sulfureux Frank Timis. Seulement voila, le journaliste (journaliste un jour, journaliste pour toujours) est passé de l’autre camp, depuis. Les investigations, enquêtes et reportages du vieux Latif-il est né avant l’indépendance du Sénégal, 1955-légués à ses jeunes frères, ne font plus d’autorité dans le paysage médiatique sénégalais. 

La professeure Fatou Sarr Sow a dit un jour que la reconversion de Latif était une grande perte pour la démocratie sénégalaise. Et, la chercheuse sait très bien de quoi elle parle. Il suffit de lire la récente chronique du premier « Hydrocarbures. Sachons raison garder ! » pour se rendre que compte que l’ancien ministre de la culture qui cherche aujourd’hui à défendre le président de la République et son frère, en surfant sur la peur, a complément perdu la main. Mais ce n’est pas tout. Celles et ceux qui connaissent bien l’homme, casé aujourd’hui dans la présidence de la République, vous diront qu’il souffre d’autres « handicapes ». Car, ce professionnel de la communication qui a consacré ses plus belles années de carrière à la lutte contre la corruption, est le lauréat, en juin 2006, du prestigieux prix « Integrity awards », décerné par l’organisation internationale Transparency international qui lutte contre la corruption dans le monde. En compétition avec cinq autres journalistes de tous les continents, l’auteur de Wade, un opposant au pouvoir, l’alternance piégée ? Latif Coulibaly a été primé pour son combat pour l’avancée de la démocratie au Sénégal et la bonne gouvernance.

Le Directeur général de l’Institut des sciences de l’information et de la communication ‘Issic) de Dakar, à l’époque, a été distingué pour le rôle qu’il a joué en tant que journaliste d’investigation, pendant dix ans de cambat, durant lesquels il n’a jamais compté ses heures de travail pour faire jaillir la vérité, et rien que la vérité, sur la comptabilité publique, mettre à nu les plus grands scandales financiers et autres cas de détournement de fonds et irrégularités dans les marchés publics. Une distinction qui lui valu de graves pressions, des menaces de mort, toutes les critiques de l’élite politique. Garde-t-il toujours le même award dans son salon ?

 

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Boy Casa

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