Quand Bohn s’offre dix organes de presse à près de 200 millions de FCFA

Pour se faire une belle image, le Français Philippe Bohn a misé sur une belle communication. Il a fait recours aux médias les plus suivis pour cette tâche. SenEnquête a obtenu une copie des documents qui prouvent que l’ex DG de Sénégal Air s’est offert dix organes de presse à près de 200 millions de FCFA

Ça ne finit pas avec des révélations dans la gestion de Bohn.  Cette fois-ci cela concerne son budget communication colossal destiné aux médias à travers des placements d’articles, de reportages publicitaires et autres publicités. SenEnquete est en mesure de révéler le montant exact ainsi que les organes bénéficiaires avec documents à l’appui.

Il s’agit de plus de 187 millions F CFA casqués en faveur de l’Agence de communication ALBG. Une entreprise canadienne. 75 millions ont été retirés au mois de Juin 2018 à la banque BNDE. Dans ce partage, la part du lion revient au journal l’Observateur qui a perçu un forfait annuel estimé à 25 millions de francs CFA. D’autres quotidiens ont profité de ces millions d’Air Sénégal. Il s’agit de la Tribune, de l’As, du journal Enquête et du Quotidien pour un coût global de plus de 50 millions de francs CFA.

Les sites internet ne sont pas en reste. Sur la facture obtenue, une somme de 20 millions de francs CFA a été attribuée à Seneweb. Dakaractu, Yerim Post, Leral sont aussi sur la liste des bénéficiaires.

La TFM a eu sa part : 9 millions pour un forfait annuel relatif à un publi-reportage de 3 minutes diffusés 15 fois.

Nous avons contacté Ciré Talla, le responsable commercial du journal L’As, qui nous a fait savoir que dans le cadre de la communication de la compagnie nationale, leur quotidien a collaboré avec Air Sénégal via l’agence ALBG Afrique pour des insertions publicitaires et des articles. Pour ce qui concerne les articles, il s’agissait des sorties médiatiques du Président du Conseil d’administration (PCA) ou du Directeur général (DG) Philippe Bohn. C’étaient des articles de moins de 4000 signes comptabilisés dans la facture.

Pour vérifier le caractère déontologique de telles pratiques, Mamadou Ndiaye, professeur de communication au CESTI a été contacté. Ce dernier estime que « des reportages peuvent être faits à titre publicitaire. Mais l’organe doit obligatoirement mentionner sur l’entête ‘’Publi-reportage’’ ». Et pourtant cette règle n’a pas été respectée pour certains organes de presse.

Il faut aussi préciser que le journal L’Observateur a été contacté depuis notre bureau de Casablanca. Pas de réaction pour l’heure. De même Seneweb, le responsable contacté n’a pas voulu se prononcer sur la question.

En poursuivant cette enquête, elle nous mène vers l’agence de communication ALBG. Nous avons appelé sur le numéro 33 869……. qui est supposé être le contact de l’agence pour comprendre la rubrique dénommée les « prestations journalistes » qui sont évaluées à 12 millions de francs CFA ainsi que le placement d’articles, etc. Surprise ! La ligne est coupée.

 

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier?
Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.

La Rédaction

Read Previous

Attention ! Les bars « clandos » pullulent

Read Next

Le Ramassage de Samba : Plaintes et complaintes !

3 Comments

  • Good job… Notre presse est vraiment malade

  • Je vou

  • Bravo pour cette enquête qui montre à quel point cette presse est pourrie, des grands noms de la presse qui nous pompent l’air et qui en définitive ne croient que « Dieu l’ARGENT », quel gâchis… Nous sommes mal barrés

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *